Le chemin de la maison de fouilles à la plage (Malia, Crète)

Le chemin de terre va en droite ligne de la maison des archéologues, où nous logeons l’été, jusqu’à la plage. J’ai dû l’emprunter en moyenne 4 fois par jour, 75 jours d’affilée, de 4 à 15 ans, soit 3600 fois environ. Le trajet de la grille du jardin jusqu’à la butte qui surplombe la plage est dans mon souvenir de cinq cent mètres peut-être, nettement moins quand je courais vers la mer, beaucoup plus les jours de grande chaleur. Sur Google map, seul le chemin apparaît. De la droite où se situe la maison jusqu’à la plage, au bout de la ligne droite, j’estime la  distance à 650 mètres.

Malia plan

Image Malia

Google Earth annonce les couleurs : mer foncée, plus verte que dans mon souvenir, terre presque rouge par endroits, caroubiers ou buissons vert sombre et deux points blancs distincts : la maison de fouilles à droite et la cahute qui marque l’entrée de la plage à gauche. D’impasse débouchant sur la mer, le chemin est devenu une route qui se poursuit sur la gauche, vers le village.

Malia sortie

Sur street view, le point de départ. Près de la maison, le chantier a été recouvert de bâches ou d’un toit fixe pour s’ouvrir aux touristes. Je ne l’avais jamais vu à ciel ouvert (des plaques de tôles le recouvraient, entre mômes on se glissait dessous pour arpenter le labyrinthe à quatre pattes, bravant l’interdit parental). On devine les feuilles du caroubier qui marque l’entrée du chemin, les graminées. La terre est rouge sombre, en effet.

Malia chemin

Une seule vue du chemin : en cours de route, sur la gauche, des oliviers, un champ à l’abandon, le Mont St Elie en toile de fond. Le chemin a été goudronné – plus de  surface poudreuse, rugueuse sous mes pieds nus, parsemée piquants tout du long. Google ne rend pas compte des odeurs de terre sèche, d’épineux, d’essences méditerranéennes chauffées à blanc par le soleil d’août.

La cahute, en bout de course. On a dû la construire en dur, autrefois c’était un toit de bambou, il faisait bon y prendre un petit café au goût de vase. Le patron, archétype du vieux Crétois, y gardait une corde à lancer aux nageurs en perdition – la baie est dangereuse. Le lieu s’est « civilisé » : des tables en métal clinquant, une enseigne Amstel, un parasol blanc. Des voitures en arrière-plan, nombreuses, une bleue, une noire, deux blanches. Gros plan sur une salade grecque, du pain, une bière, des frites. Derrière la bière, un bras de touriste, encore peu bronzé.

Malia cahute

Publié dans lieux (d'après Perec)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

%d blogueurs aiment cette page :